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Mon rapport à ma Pile à Lire

Hey !

Aaaaah, la pile à lire ! Ce sujet qui fâche toujours sur la blogo/booksta/booktube ! J’ai l’impression que quoi qu’il arrive, dès que quelqu’un lance le sujet « PAL », ça lance un débat monstrueux où, au bout du moment, tout le monde balance des livres les uns sur les autres pour se entendre. Il y a ceux qui ont une mini-PAL, ceux qui ont une PAL gigantesque, ceux qui n’ont pas de PAL, ceux qui veulent absolument la réduire, ceux qui s’en fichent, etc, etc, etc. J’ai l’impression qu’il y a autant de PAL que de lecteurs. Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de mon expérience personnelle avec ma PAL.
J’aimerais juste préciser que tout dans cet article est personnel et est mon ressenti vis-à-vis de ma PAL donc si je décris la manière dont vous gérer votre PAL en disant qu’elle ne me correspond pas, ne vous sentez surtout pas offenser. Sur ce, prenez un thé ou une citronnade parce que cet article va être un peu long.

Tout d’abord, commençons par balancer LE chiffre qui fait mal : 301. C’est actuellement le nombre exact de livre que j’ai dans ma PAL (moins deux livres de coloriage, je n’en fais pratiquement jamais donc j’ai arrêter de les compter comme de la PAL même si j’aimerais bien me dégager plus de temps pour en faire). Dans cette fameuse PAL, j’ai de tout : romans, mangas, beaux-livres, livres illustrés, mais aussi, en plus des livres physiques, des ebooks et des livres audio. J’ai commencé à prendre l’habitude : quand j’annonce ce chiffre, on me dit souvent : « Tu trouves pas que t’abuses un peu ? ». Pourtant, à l’heure actuelle on est en confinement et je vous assure que dans ma tête je me sens comme la fille la plus maligne du far west : Eh ouais, quand tu ne peux pas aller à la librairie, la librairie est chez toi. La vérité, c’est qu’en fait, j’ai commencé à cumuler une PAL très jeune. Par « très jeune », je veux dire que j’ai commencer en CM2 il me semble à cumuler plus de livres que ce que je lisais en réalité. En fait à cette époque, mes parents m’emmenaient en librairie et m’achetaient un livre (ou un peu plus si j’arrivais à faire des yeux de chiens battus + j’avais eu des bonnes notes + le prix était raisonnable + Jupiter et Saturne étaient dans un bon alignement), sauf qu’en rentrant je me disais : « Oh, j’ai pas envie de le lire tout de suite et si je relisais plutôt ce vieux livre que j’ai déjà lu à peu près quatorze fois ? C’est une bonne idée, allez ! ». Bref, on peut comprendre qu’après 15 ans, ma PAL a progressivement eu le temps de se faire une place dans ma vie et de bien s’y installer. 

Pourtant, quand je vois certaines personnes qui « culpabilisent » face à leur PAL, c’est quelque chose que je ne comprend pas (ou plus). J’ai déjà remarquer que la plupart des gens ont à un moment ou à un autre un « stress » vis-à-vis de leur PAL qu’ils considèrent comme énorme, et ce quel que soit le chiffre de la dite pile à lire. Parce que, qu’on soit bien clair, ce chiffre est totalement subjectif. Personne n’a le droit de vous dire que votre PAL est énorme ou minuscule, c’est à vous d’en décider. Je comprend totalement qu’une personne qui a vingt livres dans sa pile à lire puisse considérer que c’est énorme, comme une autre avec huit cents livres s’en fiche complètement, le vive très bien et se dise qu’elle n’est pas si grande que ça. 
Avant ça me faisait sourire quand je voyais des gens qui disaient que « ah non, mais c’est pas possible, je vais faire un no-buy parce que là ma PAL est passée au-dessus des cent livres ». Aujourd’hui, je comprend qu’en fait on a tous une vue différente de la pile à lire parce qu’on a tous un rapport différent à la lecture. Il y a ceux qui, comme moi, cumulent des livres pour les périodes où ils ne pourront pas (ou ne voudront pas) en acheter, il y a ceux qui préfèrent acheter un livre après l’autre et qui donc n’achètent qu’un livre à la fois et il y a ceux qui achètent un peu d’avance et d’un coup se font dépasser par les événements et commencent à avoir une PAL. Chaque lecteur est différent et chaque lecteur doit trouver la manière de gérer ses lectures comme il lui convient et c’est sans doute ce qu’il y a de plus dur à l’ère du numérique. 

Ma PAL a aussi été une source de stress, je dirais il y a de ça trois ans à peu près. Je m’étais fixée un objectif où je voulais faire un no-buy livresque complet pendant un an pour vider cette PAL que je trouvais monstrueuse, alors qu’elle était bien moindre qu’aujourd’hui. Ca a vite viré à l’obsession, je passais ma vie à compter mes livres, je les comptais d’ailleurs bien plus que je ne les lisais. Sauf que je me suis rapidement rendue compte que c’était loin d’être la bonne solution : à me priver de tout achat en fait je me donnais vraiment envie d’acheter des livres. Le résultat a été sans appel : pendant cette période, j’ai acheté bien plus de livres que ce que j’aurais pris en temps normal. A partir de là, j’ai commencé à apprendre le lâcher-prise avec cette PAL. Parce qu’au final, ce n’est pas grave, moi je me sens bien avec ces livres « en trop », ce poids livresque que je me trimballe. Il me tient bien chaud pendant mes longues soirées d’hiver quand je n’ai pas envie de sortir de chez moi pour aller à la librairie ou en bibliothèque. 

Après, on ne va se mentir, avant j’accusais ouvertement les réseaux sociaux pour ma PAL gargantuesque. Aujourd’hui, je me rend bien compte que, oui les réseaux sociaux ont sans doute un peu jouer un rôle là-dedans, mais c’est surtout moi qui a fait de ma pile à lire ce qu’elle est aujourd’hui. L’année dernière et il y a deux ans, j’achetais TOUT, mais quand je vous dis tout, c’est tout. Si un booktuber, un bookstagrammer ou un blogueur disait que tel livre avait été un vrai coup de coeur ou qu’il l’avait adoré, je ne réfléchissais pas et je courrai en librairie me procurer ledit livre (et cinq autres aussi au passage parce qu’on ne sait jamais). C’était vraiment idiot de ma part parce que je ne pratiquais aucun tri : je prenais de la romance, du jeunesse, du fantastique, de la science-fiction ou de la non-fiction. On se cherche tous niveau lecture à un moment donné, seulement à cette époque-là, je savais déjà plus ou moins que la non-fiction c’était bien mais à toute petite dose, que la romance était loin d’être ma tasse de thé et que je prenais toujours énormément de plaisir à lire un bon roman de fantasy. Bref, il y a eu énormément d’achat impulsif et si j’avais juste réfléchi à ce moment-là je me serais rendue compte que tel ou tel achat était inutile voire risqué puisqu’il y avait de fortes chances pour que je n’aime pas le roman en question, et que donc je perde mon temps et mon argent à le lire. Partant de ce constat-là, il y a bien dix ou quinze livres que je n’aurais jamais acheté parce qu’ils ne me correspondaient pas. C’est vrai que j’aurais pu passer à côté de pépites (je n’aurais, par exemple, jamais lu de Colleen Hoover ou de Stephen King), mais ça m’aurait aussi évitée bien des déceptions. 

Je pense surtout que j’ai eu trois autres problèmes dans ma « carrière » de lectrice. 
Le premier est que j’achetais presque toujours une saga complète en une fois. J’avais une carte France Loisirs (que j’ai résilié depuis puisque certaines choses chez eux ne me correspondait plus), ce qui signifie un achat obligatoire par trimestre. Sauf que France Loisirs a souvent la bonne idée de publier toute une saga en une fois puis de l’enlever trois ou six mois plus tard, soit bien plus tôt que ce qu’il me faut en général pour lire un livre de ma PAL. Je comprend parfaitement qu’ils aient besoin de place pour sortir des « nouveautés », mais le problème, c’est que, régulièrement, je me retrouvais avec des moitiés de saga et le reste acheté au prix fort chez l’éditeur d’origine (avec en plus la joie esthétique de découvrir que les livres ne faisaient pas la même taille). J’ai donc pris cette mauvaise habitude d’acheter toute la saga directement sans réfléchir pour être sûre de tout avoir. 
Le second problème a été les achats d’occasion. Je ne sais pas pourquoi mais il y a trois ans, je me suis mise en tête d’acheter uniquement de l’occasion alors qu’auparavant je ne jurais que par le neuf pour avoir un livre nickel, quitte à en acheter moins. J’écumais donc les marchés aux puces, les soldes, les boîtes à livres, les magasins et les sites d’occasion à la recherche des bonnes affaires. Franchement, j’ai vraiment fait de bonnes affaires parfois, mais je blindais souvent ma bibliothèque avec tout et n’importe quoi et surtout des livres que je n’ai jamais lu ou qui ne me plaisait pas. Mais deux euros au lieu de dix-huit, c’est vraiment une bonne affaire, donc achetons ce tome six alors que je n’ai pas ceux d’avant tant pis je les trouverais bien un jour d’occasion. Attention, si vous achetez des livres de cette manière et que ça vous convient, je ne vous critique absolument pas, je dis juste que ça a été une erreur personnelle qui a vite fait grimper ma PAL.
Le dernier problème est en fait l’un des plus vieux puisqu’il s’est présenté il y a cinq ans. Mes parents m’ont offert la liseuse dont je rêvais pour mon anniversaire et j’ai découvert le domaine public (mettez un arc-en-ciel sur ce nom). Vous vous doutez bien du coup que je n’ai pas fait dans la dentelle et que je n’ai pas télécharger un ou deux livres à la fois, surtout en sachant qu’ils resteraient à tout jamais dans le domaine public. Non, j’ai mis sur ma liseuse tous les classiques que j’ai pu trouver dans le domaine public. Ma PAL a en a pris un sacré coup ce jour-là. 

Ma mère me dit souvent : « Tu vas bientôt arrêter d’en acheter pour les lire enfin ? ». Ce qui est très drôle en fait, parce que même si elle a clairement dérapé, ma pile à lire ne me gêne absolument pas tel qu’elle est. C’est vrai que j’ai beaucoup de livres non lus, dont en plus certains me font un peu moins envie. Mais je sais aussi que je sais me restreindre. Même si j’ai des périodes où je peux acheter quatre livres par semaine, il y a toujours un moment dans l’année où je n’en achète presque plus. D’ailleurs c’est drôle, parce que souvent d’avril à août je vais acheter beaucoup de livres, de septembre à novembre je n’en achète plus un seul, décembre est généralement la période où on m’en offre et le reste de l’année je suis plutôt raisonnable dans mes achats. Quand on regarde au final, j’ai beau avoir l’air d’acheter beaucoup de livres, souvent je les achète en une fois, et à terme, à la fin de l’année quand je fais un bilan, soit ma PAL n’a pas bouger, soit elle a même un peu baisser. Je participe chaque année depuis trois ans maintenant il me semble au challenge New PAL sur Livraddict. Et déjà l’année dernière, je me suis rendue compte au moment de faire le bilan que, même si ce n’était pas énorme, j’avais quand lu un certain nombre de livres de mon ancienne pile à lire et ce même si j’avais effectuer beaucoup d’achats durant l’année. 

La question qui peut revenir assez régulièrement c’est : « Mais, tu n’oublies pas ce que tu as dans ta PAL ? » Ca revient d’autant plus que je retourne mes livres non lus, donc je ne vois absolument pas le titre. La vérité, c’est qu’effectivement, j’oublie partiellement ce que j’ai. Mais j’ai aussi remarqué que bien souvent, un peu au hasard, je vais me souvenir d’un titre que j’ai dans ma bibliothèque et je sais du coup que c’est le prochain livre que je veux lire, ou du moins qu’il fait parti de ceux que j’ai envie de lire. Pour moi, si je me souviens d’un titre en particulier, c’est que j’ai envie de le découvrir. Quelque part, ma manière de ranger mes livres peut sembler bizarre, mais elle me permet aussi de faire du tri et de choisir plus facilement ma prochaine lecture. J’ai l’impression que depuis que j’ai cette organisation, et que je ne fais plus de PAL mensuelle, je me laisse beaucoup moins avoir par la date d’entrée du livre dans ma bibliothèque. Par exemple, fin Mars, j’ai lu Tobie Lolness, le tome un, de Timothée de Fombelle. Ca faisait quinze ans qu’il était dans ma PAL. Avec mon ancienne organisation, je voyais tout le temps ce livre assez vieux dans ma bibliothèque et ça me stressait parce qu’à chaque fois je me disais « Mais quand est-ce que tu vas le lire ? Il va traîner encore longtemps dans ta bibliothèque ? Met-le en vente si tu ne veux plus le lire ! » Pourtant, j’avais envie de le lire. A chaque fois que je lisais le résumé, ça me tentait toujours autant mais je n’arrivais pas à trouver le moment idéal pour le lire. Avec cette organisation de livres retournés, j’en ai fini avec la culpabilité du livre qui traîne depuis longtemps. En Mars, je pensais à Tobie Lolness et je savais alors que c’était le moment et que j’allais le sortir de ma PAL, et surtout quand je l’ai lu j’ai su l’apprécier à sa juste valeur, alors que je suis certaine que je l’aurais bien moins apprécié dans le cadre d’un challenge « Sors les reliques de ta PAL » par exemple. 
Bref, tout ça pour dire que ce n’est pas grave, rien est grave. La lecture est et doit rester un plaisir. Quand on oublie un livre dans sa pile à lire, ça ne veut pas forcément dire que vous ne voulez plus le lire, mais peut-être juste que le livre attend le moment parfait pour que vous le lisiez et ce moment ce n’est pas forcément en même temps que tout le monde.

Enfin, le dernier point que je voulais aborder c’est : Est-ce qu’un jour je vais finir cette PAL ? La vérité, c’est que je ne pense pas. J’aimerais la réduire un peu drastiquement mais en même temps je n’ai pas envie de me frustrer. Il n’y a rien de pire. C’est comme quand on fait un « régime », on prend plus de poids en se privant de tout que juste en essayant de faire mieux et en comprenant pourquoi on est arriver à une situation où on veut faire un régime. Ca fait bien longtemps que j’ai décidé d’arrêter les no-buy qui m’ont fait acheté plus de livres que de raison. Aujourd’hui, si je fais un no-buy de manière consciente, ce sera vraiment sur une courte période et parce que je sais que juste avant j’aurais déjà acheté plus que ce qu’il me faut. Par exemple, en Décembre, j’ai reçu des livres et des cartes cadeaux (que j’ai dépensé en livres ahah), eh bien inconsciemment en Janvier, je n’ai acheté aucun livre. Je savais que j’avais ce qu’il me fallait. 
Après, je ne vais pas vous mentir : j’aimerais arriver doucement mais sûrement à réduire ma PAL. Autour d’une centaine de livres, je serais vraiment heureuse. Ca prendra du temps je pense mais aujourd’hui j’accepte totalement l’état actuel de PAL

J’ai vraiment l’impression d’avoir fait un discours aux alcooliques anonymes ahah ! Est-ce que vous avez une pile à lire ? Comment est-ce que vous la gérer ? Dites-moi tout !
S.

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